Discipline: comment l'inculquer à votre enfant

Qu’est-ce que la discipline?

La discipline sert à modifier le comportement de votre enfant. La discipline ne vise pas nécessairement à punir l’enfant ni à le forcer à obéir et à suivre des ordres. La discipline aide les enfants à apprendre à établir des limites. Elles les aide à s’autodiscipliner. Une discipline juste et saine peut aider votre enfant à devenir un adulte mature sur le plan émotionnel et social.

La discipline positive repose sur la confiance, l’amour, le soutien et le respect. Elle doit correspondre à l’âge et à l’étape du développement de l’enfant.

Le problème avec la fessée

La discipline sert à enseigner des connaissances ou des habiletés. Dans notre société, la discipline est souvent liée aux punitions. Il se peut que vous ayez reçu la fessée quand vous étiez enfant. Certaines cultures appuient la fessée. Par contre, la Société canadienne de pédiatrie (SCP) décourage fortement la fessée et d’autres formes de punition physique. La SCP estime que la fessée entraîne des résultats négatifs chez les enfants. Elle peut mener à des sentiments de honte et à une perte de confiance.

Quand utiliser la discipline

Pour élever un enfant, il faut de la patience. Certaines étapes du développement nécessitent une discipline plus ciblée. Les repas, l’apprentissage de la propreté et le coucher requièrent tous une méthode de discipline créative.

Une discipline efficace signifie d’enseigner des choses à votre enfant avec un respect mutuel. Elle devrait être faite de manière ferme, juste, raisonnable et uniforme. Il peut être stressant d’élever des enfants. Les parents pourraient devoir prendre une pause pour ne pas s’emporter.

Renforcement positif

Le renforcement positif est un type de discipline très efficace. Il peut être plus efficace que les punitions. Le renforcement positif peut être profitable à la fois aux parents et aux enfants.

Le renforcement positif sert à encourager un comportement souhaité. Si vous voulez que votre enfant agisse de façon appropriée, remarquez ses bons comportements et complimentez-le. Les compliments pour un bon comportement sont une forme de renforcement positif et peuvent encourager un bon comportement à l’avenir. D’autre part, les punitions sont une réaction aux mauvais comportements.

Parfois, les punitions sont nécessaires. Cependant, les punitions excessives risquent de rendre votre enfant plus anxieux ou impuissant, ou provoquer sa colère.

Conseils sur la discipline de votre enfant

Bébés (de la naissance à 12 mois)

Les bébés répondent favorablement aux horaires et à la routine.

Une fois que votre bébé n’est plus un nouveau-né, vous pouvez l’aider à mieux tolérer la frustration en ne le prenant pas immédiatement quand il pleure.

Dans les mois qui suivront, laissez votre bébé s’endormir seul. Cela l’encouragera à se calmer lui-même.

Jeunes bambins (un an à deux ans)

C’est à ce moment que votre enfant commencera à agir selon sa volonté. Soyez patient. La discipline à cette étape de la vie peut aider à garder votre enfant en sécurité. Elle peut aussi limiter les agressions physiques ou verbales.

Étant donné que votre enfant n’est pas assez mature pour comprendre de simples indications verbales, vous devrez accompagner vos mots de gestes. Par exemple, si votre enfant touche à un objet fragile sur une étagère, dites-lui fermement « non ». Redirigez ensuite votre enfant vers une autre pièce ou un autre objet. Restez avec votre enfant pour qu’il n’ait pas peur d’être abandonné.

Bambins plus âgés (deux à trois ans)

Cette étape est appelée l’« âge terrible » pour une bonne raison. Votre enfant se bat pour avoir son indépendance. Il est frustré quand il se rend compte de ses limites. C’est que l’on appelle des crises de colère. Encore une fois ici, la patience est de mise. Aidez votre enfant en montant de l’empathie pour ses efforts. Supervisez-le et établissez des limites.

Des indications verbales ne suffisent pas à elles seules. Faites suivre chaque indication verbale par un changement de lieu ou un exemple de ce qui est acceptable.

Enfants d’âge préscolaire et maternelle (de trois à cinq ans)

À cette étape, votre enfant répond bien à une certaine constance et à des modèles. Il peut suivre des indications verbales plus facilement, mais a encore besoin de supervision pour sa sécurité. L’enfant se comportera en imitant ses parents et ses enseignants. Utilisez l’approbation et les compliments pour motiver votre enfant et renforcer les comportements que vous souhaitez voir. Des « temps-mort » ou « arrêt d'agir » peuvent être utiles si votre enfant perd le contrôle.

Arrêt d'agir

Attention, même si ces arrêts d'agir comprennent une punition, ils pourraient en fait récompenser l’enfant et renforcer un comportement inapproprié. Les arrêts d'agir doivent empêcher l’enfant d’obtenir ce genre d’attention.

Les arrêts d'agir doivent être utilisés régulièrement et sans émotion. Choisissez un endroit approprié. Il ne doit pas être situé près d’une télévision, d’un ordinateur ou d’autres formes de divertissement. Les temps d’arrêt doivent durer environ une minute par année d’âge, jusqu’à un maximum de cinq minutes. Installez une horloge à proximité. Dites à votre enfant exactement combien de temps il doit passer dans cet endroit. Faites le lien entre le comportement inapproprié et l'arrêts d'agir. Dites quelque chose comme « tu es en arrêt d'agir parce que tu as frappé ta sœur ». Ignorez votre enfant pendant qu’il est en arrêt d'agir.

Une fois que l’arrêt d'agir est terminé, recommencez à zéro. Ne discutez pas du comportement indésiré. Passez à autre chose. L’arrêt d'agir ne mettra pas fin à ce comportement, mais il peut en diminuer la fréquence.

Enfant d’âge scolaire (de 6 à 12 ans)

À cette étape, votre enfant assume son indépendance. Il passe plus de temps chez des amis ou à l’école. Les parents peuvent superviser, être de bons modèles et appliquer des règles de façon uniforme. Des formes de discipline appropriées comprennent le retrait ou le report de privilèges (par exemple privation d’Internet ou de télévision pour une journée), des arrêts d'agir et des conséquences.

Dans la mesure du possible, les conséquences devraient être logiques ou naturelles. Une conséquence logique, par exemple, peut être : « tu te comportes comme si tu étais fatigué; tu iras donc te coucher une demi-heure plus tôt ce soir. »

Une conséquence naturelle, par exemple, serait de laisser votre enfant avoir un peu froid aux mains s’il a refusé d’apporter ses mitaines (mais gardez-les à portée de main).

Il importe que les enfants comprennent les règles. Si un comportement indésiré est récurrent, dites à votre enfant quelles sont les conséquences logiques avant qu’il ne se produise de nouveau.

Il importe aussi que votre enfant vous prenne au sérieux. Votre enfant ne vous prendra pas au sérieux si vous faites des menaces sans les exécuter. Par exemple, si vous avez dit à votre enfant qu’il doit se coucher tôt, à l’heure du coucher, s’il reste debout, votre ordre aura moins d’effet la prochaine fois.

Adolescents (de 13 à 18 ans)

L’adolescence peut être difficile. L’expérience dépendra de la manière dont les parents répondent à la croissance personnelle de l’enfant. Voici quelques conseils.

  • Communiquez avec votre adolescent.
  • Restez disponible et accessible.
  • Établissez des règles justes et uniformes.
  • Évitez de diminuer ou de trop critiquer votre adolescent.
  • Éviter de le sermonner ou de prédire des catastrophes.

Les contrats verbaux avec votre adolescent sont une bonne technique de discipline. Assurez-vous que les règles de base sont respectées. Établissez des conséquences logiques. Par exemple, si votre adolescent endommage la voiture, la conséquence serait que l’adolescent paye la réparation. Cela lui enseignera la responsabilité de ses actes.

Autres conseils pour établir des règles et appliquer les conséquences

  • Complimentez les comportements positifs dans la mesure du possible.
  • Évitez de faire des menaces sans conséquence.
  • Soyez constant dans l’application des règles.
  • Choisissez vos batailles. Ignorez les comportements qui n’ont pas d’importance.
  • Établissez des limites raisonnables.
  • Acceptez les comportements appropriés pour leur âge.
  • Imposez les conséquences immédiatement pour les jeunes enfants.
  • Autant que possible, évitez les émotions quand vous imposez des conséquences.
  • Ne criez pas quand vous vous adressez à vos enfants.
  • Montrez à votre enfant que vous l’aimez et lui faites confiance après une conséquence. De cette manière, votre enfant saura que la conséquence visait le comportement inapproprié et non pas lui personnellement.
Mark Feldman, MD, FRCPC

Sheila Jacobson, MBBCh, FRCPC

5/13/2010

Nieman, Peter and Sarah Shea. Psychosocial Paediatrics Committee, Canadian Paediatric Society (CPS) Paediatr Child Health 2004; 9(1):37-41 Reference No. PP 2004-01.