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Ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale

De multiples femmes consomment de l’alcool de manière sociale et près de la moitié des grossesses ne sont pas planifiées. L’alcool traverse facilement la barrière placentaire et peut amplement s’introduire dans le sang du bébé en gestation. Les bébés exposés à l’alcool dans les premiers mois de la grossesse peuvent être affectés par ce que l’on appelle l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (ETCAF). Près d’un pour cent de la population du Canada est touché par l’ETCAF.

L’ETCAF renvoie à l’un ou l’autre des diagnostics suivants :

  • syndrome d’alcoolisation fœtale
  • syndrome d’alcoolisation fœtale partiel
  • trouble neurologique du développement lié à l’alcool
  • malformations congénitales liées à l’alcool

Symptômes de l’ETCAF

Voici, entre autres, les troubles physiques associés à l’ETCAF :

  • insuffisance de poids à la naissance et tête plus petite que la normale
  • difformités du visage et de la bouche
  • visage à la forme aplatie
  • retard de croissance
  • problèmes aux os, aux articulations ou aux muscles
  • problèmes d’audition ou de vue
  • troubles de l’appareil génital, du cœur ou des reins

Au visage par exemple, la mâchoire inférieure est sous-développée et les fentes des yeux sont plus petites que la normale. Il est possible que les difformités ne soient pas visibles à la naissance. En réalité, les problèmes associés au développement facial se déclarent entre le huitième mois et la neuvième année de vie.

Le bébé peut avoir des problèmes cognitifs ou comportementaux moins distincts tels que :

  • une arriération mentale (QI inférieur à 70); cependant, la plupart des enfants affectés par l’ETCAF ont un QI relativement normal
  • un retard intellectuel, une courte durée d’attention, de l’hyperactivité ou des troubles de la mémoire
  • des troubles d’apprentissage, notamment au niveau de la lecture, de la compréhension et des mathématiques abstraites
  • des retards ou des lacunes en matière d’élocution; par exemple lorsque l’enfant est atteint d’un trouble du langage dans sa version réceptive, interrompt la conversation ou s’exprime hors contexte
  • une absence de compétences administratives, y compris des difficultés à s’organiser, planifier et analyser
  • une incapacité à gérer l’argent, par exemple économiser ou établir un budget
  • une incapacité à comprendre la relation de cause à effet
  • des problèmes d’intégration sensorielle : sensibilité au toucher ou besoin d’être touché plus accentué que chez d’autres enfants, aversion envers les lumières vives ou le bruits; odorat surdéveloppé
  • irritabilité, comportement agressif, maladie mentale comme une dépression ou du mal à contrôler la colère

Étant donné que ces troubles sont tour à tour légers, modérés ou sévères, l’ancien terme « syndrome d’alcoolisation fœtale » a été remplacé par le terme « ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale ».

D’ordinaire, les troubles ne se manifestent que quelques années après la naissance de l’enfant, par exemple lorsqu’il commence à fréquenter l’école. S’ils ne sont pas traités, ils peuvent dégénérer et causer d’autres problèmes de santé mentale, des démêlés avec la justice, un comportement sexuel inapproprié ou des problèmes liés à l’alcool et aux drogues.

Prévention de l’ETCAF

Le seul moyen de prévenir l’ETCAF consiste à s’abstenir d’alcool pendant la grossesse. Si vous êtes enceinte ou pensez l’être, ne consommez pas d’alcool. Si vous avez des problèmes de boisson, parlez-en à votre médecin ou à un autre professionnel de la santé. Ils pourront vous aider à arrêter de boire ou à réduire votre consommation.

Diagnostic et traitement de l’ETCAF

Dans l’intérêt supérieur du bébé, il convient de déterminer le problème de boisson éventuel chez la femme enceinte, puis de cerner les troubles résultants. Pour diagnostiquer l’ETCAF, on peut évaluer la grossesse, pratiquer un examen physique du bébé à sa naissance, mesurer ses traits faciaux et, au fur et à mesure qu’il grandit, évaluer sa capacité à comprendre, communiquer, se mouvoir et s’adapter.

Il n’est pas facile de traiter l’ETCAF. Cependant, plus le diagnostic est précoce et plus l’intervention peut l’être aussi, c.-à-d. :

  • recourir à la physiothérapie et l’ergothérapie
  • recourir à l’évaluation psycho-éducative pour cerner des difficultés particulières; l’enfant bénéficiera de services scolaires qui l’aideront à surmonter ses difficultés
  • recourir aux services des travailleurs sociaux qui aideront la famille à surmonter ses difficultés.

Nicolette Caccia, MEd, MD, FRCSC

Andrew James, MBChB, FRACP, FRCPC

Nicolette Caccia, MEd, MD, FRCSC

Andrew James, MBChB, FRACP, FRCPC

Rory Windrim, MB, MSc, FRCSC

Rory Windrim, MB, MSc, FRCSC

Margaret Linton, RN

9/10/2009




Notes: