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Hémorragies intraventriculaires (HIV)

Les hémorragies intraventriculaires (HIV) sont des saignements qui pénètrent les ventricules du cerveau. Une des caractéristiques du cerveau immature est la fragilité des vaisseaux sanguins près des ventricules. Les ventricules sont des cavités qui renferment le liquide céphalorachidien qui nourrit le cerveau. Une collection de minuscules vaisseaux sanguins très fragiles dans la matrice germinale, qui est la partie du cerveau adjacente au plancher des ventricules, représente une préoccupation particulière. C’est une partie du cerveau qui est active pendant le développement fœtal qui disparaît aux environs de la 35e semaine de gestation. Ces vaisseaux sanguins sont minces et vulnérables aux variations de flux sanguin, ce qui peut occasionner une rupture ou un saignement. Plus le bébé est jeune et petit, plus les risques qu’un vaisseau sanguin se rompe pendant les premiers jours de la vie sont élevés. Le sang se répand dans un ou des ventricules au cerveau lors d’une rupture.

Hémorragie intraventriculaire
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L’HIV se catégorise en stades de gravité : le stade I est considéré comme léger, le stade II comme modéré, et les stades III et IV comme graves. Environ 50 % des grands prématurés auront une HIV, alors que seulement 15 % des bébés prématurés plus âgés, chez lesquels la matrice germinale est déjà disparue, auront une HIV.

Si l’HIV est catégorisée de stade I ou II, les chances de séquelles à long terme sont minces puisque le sang demeurera contenu dans les ventricules et le liquide additionnel n’occasionnera pas de pression excessive.

Dans une HIV de stade III, le saignement est suffisamment volumineux pour occasionner une enflure ou une obstruction des canaux étroits qui approvisionnent et déchargent les ventricules. Ceci peut nuire au rafraîchissement et à l’évacuation du LCR. Il peut en résulter une hydrocéphalie, c’est-à-dire une accumulation de LCR dans les ventricules, ce qui occasionne une pression sur les tissus cérébraux avoisinants. Une lésion peut se produire à la partie du cerveau qui subit la pression. Si le saignement est plus grave, le sang déversé dans les ventricules et qui les aura remplis bloquera en permanence la circulation de LCR et conduira à une hydrocéphalie avec enflement de la tête, à une pression excessive dans le crâne, nécessitant une intervention chirurgicale pour diminuer la pression. Un petit tube ou cathéter, appelé shunt ventriculopéritonéal (shunt VP) est inséré dans le but de drainer le liquide rachidien.

Hydrocéphalie
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Une HIV de stade IV résulte d’une congestion du tissu cérébral entourant les ventricules lorsqu’une grosse HIV s’est produite. Celà entraîne un saignement dans le tissu cérébral même avec une destruction de cette partie du cerveau. Il en résulte presque toujours des lésions graves et irréversibles au cerveau, dont la gravité est déterminée par l’étendue et la localisation du saignement.

Étant donné la fragilité des vaisseaux sanguins des bébés prématurés, les HIV peuvent se produire simplement à la suite des variations de tension artérielle et de flux sanguin qui se produisent à la naissance. Bien que la tension artérielle varie régulièrement chez la majorité des gens sans occasionner de saignements, les parois des vaisseaux du bébé prématuré sont vulnérables à ces variations. Il existe plusieurs conditions occasionnant des variations de tension artérielle, et elles sont souvent attribuables à des difficultés lors de l’accouchement ou à des complications touchant les poumons et la respiration.

La ventilation artificielle, qui est souvent requise immédiatement après la naissance d’un bébé prématuré, peut aussi entraîner des variations du flux sanguin. Cette occurrence est particulièrement probable lorsque la respiration du bébé est désynchronisée par rapport au ventilateur, ce qui crée une pression supplémentaire à l’intérieur des poumons et des vaisseaux sanguins du cerveau. Beaucoup de recherches ont été effectuées au fil des années afin de tenter de réduire ce facteur de risque et d’améliorer la ventilation assistée du bébé en général.

Le saignement de l’HIV se produit habituellement dans les 48 heures suivant la naissance, et il est très rare qu’elle se reproduise à une date ultérieure.

Il y a deux façons principales où l’HIV peut causer des lésions. Premièrement, l’HIV peut nuire au flux de LCR dans les ventricules, et deuxièmement, l’HIV peut entraîner des lésions des tissus cérébraux adjacents aux ventricules. Une fois que les tissus cérébraux ont des lésions, celles-ci sont irréversibles. Par contre, des lésions physiques au tissu cérébral ne signifient pas nécessairement que le fonctionnement du cerveau est endommagé. Les zones du cerveau qui sont souvent affectées par une HIV, celles adjacentes aux ventricules, sont celles qui contrôlent les fonctions motrices. Souvent, on y associe des troubles de la vue et de l’ouïe, ainsi que d’autres fonctions cognitives élevées. L’étendue de tout effet à long terme dépendra souvent de la gravité du saignement : les bébés avec des HIV graves sont susceptibles de développer une forme d’incapacité neurologique. La paralysie cérébrale (PC), condition qui gêne la coordination motrice, est courante. Il existe une grande diversité d’incapacités associées à la PC : ceux qui souffrent d’hémiplégie sont atteints d’un seul côté du corps et les enfants qui ont une forme plus bénigne de diplégie spastique, qui n’atteint que les jambes, sont habituellement capables de marcher avec un minimum de support.

Heureusement, plusieurs bébés qui ont subi une HIV moins grave continuent de se développer normalement ou avec des incapacités légères associées à l’apprentissage.

Pour de plus amples renseignements

Hilary Whyte, MSc, MB, BCh, BAO, MRCPI, FRCPC

10/31/2009







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