Faire bouger les enfants : le rôle du transport actif et de communautés accueillantes pour les enfants

 

Ces 50 dernières années, la popularité croissante des voitures en Amérique du Nord a modelé des banlieues et des villes dans lesquelles beaucoup de gens doivent conduire tous les jours. Par conséquent, les enfants se déplacent souvent en voiture plutôt qu’à pied, à vélo ou en utilisant un autre mode de transport. Cette dépendance envers l’automobile peut avoir une incidence majeure sur la santé et le développement des enfants et sur les types de quartier où ils vivent.

Effets des déplacements en voiture sur les enfants

Le recours à la voiture se répercute à plus d’un titre sur la santé, le développement et la sécurité des enfants.

  • Les enfants qui ont moins d’activité physique sont plus exposés à des problèmes de santé, entre autres à l’excès de poids.
  • Les enfants qui voient la vie principalement « à travers le pare-brise d’une voiture » sont moins en connexion avec l’environnement qui les entoure.
  • Une circulation dense réduit la capacité des enfants à être autonomes dans leurs déplacements. Des considérations de sécurité peuvent les empêcher de se déplacer dans leur quartier à pied ou à vélo et de fréquenter les parcs, les écoles et les magasins du voisinage.
  • À cause du trafic, les enfants ont moins l’occasion de jouer devant la maison ou dans la rue, ce qui limite la durée et la richesse de leurs jeux.

Le développement des quartiers et les modes de transport disponibles sont influencés, entre autres, par les urbanistes, les collectivités locales, les promoteurs immobiliers et les commissions de transport en commun. Toutefois, la contribution de nombreux groupes dans la création des communautés ne prive pas entièrement les parents de moyens de faire en sorte que leurs enfants utilisent d’autres modes de transport pour se rendre à l’école et de renforcer la sécurité des communautés.

Moyens pour les parents de créer des déplacements adaptés à l’enfant

Encourager le transport actif

  • Le transport actif désigne les déplacements à pied ou à vélo plutôt qu’en voiture ou en autobus. Avant d’effectuer votre prochain déplacement, demandez-vous si vous et votre enfant pourriez rejoindre votre destination à pied ou à vélo.
  • Associez votre enfant aux décisions concernant les modes de transport. Quand ils ont le choix, les enfants sont nombreux à préférer se déplacer à pied, à vélo ou en patins à roues alignées plutôt que de prendre la voiture.
  • Soyez un modèle de rôle. Optez pour un mode de transport actif chaque fois que vous le pouvez.
  • Marchez et roulez à vélo avec votre enfant. Aidez-le à trouver les meilleurs itinéraires pour se rendre là où il veut aller et apprenez-lui à se déplacer en toute sécurité.
  • Commencez tôt à apprendre à votre enfant à utiliser le transport en commun s’il doit le prendre.
  • Participez aux journées sans voiture. Encouragez vos voisins et collègues à faire de même.
  • Organisez un « pédibus » scolaire pour emmener vos enfants et les enfants du voisinage à l’école. Un trajet physiquement actif pour aller à l’école peut être un moment amusant de contacts sociaux pour l’enfant.
  • Agissez pour rendre l’école plus sûre pour les écoliers qui s’y rendent à pied. Essayez de convaincre l’école de donner la priorité aux piétons plutôt qu’aux voitures, d’inciter les automobilistes à ne pas laisser tourner leur moteur au ralenti et de réduire l’encombrement aux points de débarquement.
  • Déterminez si l’école de votre enfant a un espace sûr et sans danger pour le rangement des vélos. Si ce n’est pas le cas, encouragez-la à en prévoir un.

Plaider pour une « communauté accueillante pour les enfants »

Il arrive que certaines conditions doivent être remplies pour que le transport actif soit une option réaliste. C’est de là que vient le concept de « communauté accueillante pour les enfants ».

Dans sa charte des droits des enfants (Bill of Rights for Kids), l’architecte Harry Teague, du Colorado, plaide en faveur de communautés accueillantes pour les enfants, qui :

  • sont sûres et accessibles
  • sont construites à une échelle appropriée
  • intègrent dans les alentours la nature, le travail et les besoins de plus d’un sexe et de plus d’une catégorie d’âge
  • possèdent des éléments de tradition.

Les questions types qui suivent vous aideront à déterminer si votre quartier est un lieu sain et accueillant pour votre famille.

Sécurité

  • Y a-t-il beaucoup de circulation? Quelle est la vitesse limite?
  • Est-ce que toutes les rues ont un trottoir au moins d’un côté?
  • Y a-t-il des pistes cyclables ou des bandes cyclables?
  • Y a-t-il des rues étroites pour ralentir les automobilistes et aider les piétons et les cyclistes à traverser?
  • Dans les rues où le trafic est plus dense, y a-t-il beaucoup de passages pour piétons et de feux de circulation?
  • Y a-t-il des « yeux dans la rue », c’est-à-dire des voisins ou des travailleurs qui ouvrent l’œil et peuvent apporter leur aide au besoin? Les maisons ont-elles un porche et des fenêtres qui donnent sur la rue?
  • L’éclairage public est-il suffisant?

Accessibilité

  • Le quartier est-il suffisamment proche des lieux où les enfants doivent et veulent aller (écoles, parcs, terrains de jeu, installations de loisirs, magasins, bibliothèques, amis et famille) pour qu’ils s’y rendent à pied ou à vélo?
  • Le quartier est-il coupé en deux par une autoroute ou une artère principale?
  • Le quartier est-il à proximité d’une ligne de transport en commun qui le relie à des lieux d’intérêt? Ou les enfants doivent-ils prendre plusieurs autobus?
  • Y a-t-il des stationnements pour vélos aux magasins ou à la bibliothèque?
  • Les gens se déplacent-ils à pied? à vélo?

Intégration

  • Y a-t-il d’autres enfants qui vivent à proximité?
  • Est-il facile pour les enfants du voisinage de se mettre à jouer ensemble à l’improviste, de façon non structurée?
  • Pouvez-vous faire la connaissance, vous et votre famille, de voisins et de commerçants du quartier?
  • La collectivité offre-t-elle un éventail de services (écoles, parcs, installations de loisirs, lieux de culte, magasins, bibliothèque, médecin, dentiste ou possibilités d’emploi après l’école ou d’emploi d’été)?
  • Est-ce que le quartier est habité par des gens d’âges et de milieux différents?
  • Des espaces naturels ont-ils été préservés dans le voisinage?
  • Si vous devez changer de logement, le quartier en offre-t-il de différents types (appartements ou maisons de grande et de petite taille)?

Tradition

  • Y a-t-il des monuments, des lieux d’exception ou des sites naturels qui peuvent rattacher les enfants à leur communauté?
  • Quels sont les projets pour le développement futur de la zone?

Si votre quartier a des insuffisances dans certains domaines, vous pouvez décider de faire part de vos constats à des voisins et de présenter des demandes en groupe à un représentant de l’administration locale.

Importance de communautés accueillantes pour les enfants

Un quartier qui est convivial pour les enfants l’est aussi pour le reste de la famille et l’ensemble de la communauté. De manière plus spécifique, c’est dans les communautés accueillantes pour les enfants que ceux-ci sont le plus à même de faire du transport actif une réalité pour leurs déplacements réguliers.

À retenir

  • Le recours intensif à la voiture peut rendre les enfants moins actifs, moins en connexion avec l’environnement et moins indépendants.
  • Le transport actif réduit la dépendance envers l’automobile puisque certains déplacements se font à pied ou à vélo.
  • Les parents peuvent encourager le transport actif en participant aux journées sans voiture, en aidant leurs enfants à trouver les meilleurs itinéraires pédestres et cyclables à proximité et en agissant pour renforcer la sécurité de l’école pour les personnes qui s’y rendent à pied ou à vélo.
  • Les communautés accueillantes pour les enfants peuvent rendre le transport actif plus réaliste parce qu’elles sont sûres et accessibles et qu’elles intègrent la nature, les atouts locaux et les besoins de différentes catégories d’âge.
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​​Shawna Silver, MD, FRCPC, FAAP, PEng
7/16/2014

​Sources

The Centre for Sustainable Transportation (2004). Child-Friendly Transport PlanningMississauga: The Centre for Sustainable Transportation.

The Centre for Sustainable Transportation (2005). Children, Youth, and Transport: Information for ParentsMississauga: The Centre for Sustainable Transportation.

Miller, E. & Bishop, M. (2002). A Kid's Guide to Building Great Communities: A Manual for Planners and Educators. Ottawa: Canadian Institute of Planners​.​

Tremblay, M.S. et al (2011). Nouvelles Directives canadiennes en matière activité physique. Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism, 2011 36(1): 47-58​




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